Le CV, Roi Déchu!

De nombreux blogs et organes de presse se déchirent pour savoir si le CV est mort ou pas.

En France, Jean-Christophe Anna de Link Humans décrit dans un plaidoyer ultra-complet et très convaincant que le CV est déjà mort. Il rejoint de fait le très sérieux Wall Street Journal qui rapporte qu’aux Etats-Unis des entreprises recrutent sans « résumés ».

Dans un contre-pied total, Sylviane Di Pasquale du blog de Cadre Emploi défend que le CV n’est pas mort. Le blog du site Page Personnel quant à lui déclare qu’il n’est pas si « Has been » que ça.

Enfin, dans Atlantico, Grégory Herbé, fondateur de l’excellente startup My Job Company s’interroge ouvertement: « Les CV servent-ils encore à quelque chose? »

Le débat fait donc rage. Autant le dire tout de suite, je ne suis pas un grand fan du CV (celui qu’on envoie à un recruteur). Mais pourtant je pense qu’il faut essayer de l’examiner objectivement. On se rend compte alors que s’il a perdu son statut sacro-saint de medium unique pour « recruter » et « candidater »,  il n’en demeure pas moins un composant important de l’identité professionnelle.

Le CV (français) est nul et moche

En France, l’obsession quasi-pathologique de vouloir condenser sa carrière en 1 page (phénomène sois-disant imposé par les recruteurs) a rendu le CV pénible à l’oeil et à la lecture.

Une fois que l’identité, l’adresse et la photo placés sont placées, il faut caser les 300 ou 400 mots que l’on aura choisi soigneusement (ou pas). Peu importe que vous ayez 2 ou 20 ans d’expérience, le régime est le même pour tout le monde.

Le fait que jamais personne n’ai pu trancher sur quel était le meilleur moyen de se présenter sur un CV (Ordre chronologique ou par compétences) fait, qu’en plus de n’être pas beaux, les CVs sont hétérogènes et compliquent encore plus leur examen.

Pourtant même si on peut regretter un modèle britannique sans limite de longueur (3 ou 4 pages sont la norme) avec en général un bloc compétence et ensuite les expériences classées par ordre chronologique, il faut savoir reconnaître que le CV même dans sa forme la plus synthétique a encore des arguments à faire valoir.

Confidentialité et perception de soi

Chez Dokker, nous sommes liés à Linkedin et Viadeo. Il serait donc malvenu de notre part de décrier l’efficacité des réseaux sociaux professionnels, pourtant, il y a deux éléments clairs sur lesquels ils ne peuvent rivaliser avec le bon vieux CV.

Tout d’abord, même si une partie non négligeable des français n’a aucun problème pour poster des photos d’eux en maillot de bain sur Facebook, ils sont beaucoup plus hésitants à dévoiler des informations de leurs parcours  sur les réseaux sociaux professionnels. Le CV envoyé dans le cadre d’une candidature est, par essence,  destiné à une personne uniquement. Il permet donc de pouvoir fournir des informations « sensibles » qui mettront en avant votre candidature. Il s’agit souvent de détails monétaires (budgets gérés, chiffre d’affaire, P&L, etc.) ou de nom de clients (souvent des grandes enseignes qui « font bien »).

Ensuite, dans le désir incessant de vouloir industrialiser l’identité et le processus de recrutement, les réseaux sociaux professionnels ont tendance à faire rentrer les candidats dans des cases. Par conséquent, le CV devient un espace ou l’on peut véritablement exprimer la perception que l’on a de soi-même et la projeter vers un recruteur. Un CV « même moche et nul » peut permettre de se distinguer et s’extraire de la masse. Alors qu’aujourd’hui comment se distinguer au milieu des 250 millions de profils Linkedin et Viadeo qui ont tous les même sections, la même organisation?

Le roi déchu

Jadis pièce unique ( ou parfois associé à la lettre de motivation) de la relation recruteur-candidat, le CV est a perdu son trône. L’émergence du numérique a totalement bouleversé la mise en avant du parcours professionnel et des critères de recherche et de choix pour les recruteurs.

Aujourd’hui pour les métiers dits « qualifiés » (NDLA: quelle expression horrible!)  un unique CV comme vecteur de visibilité et communication rendra le parcours du candidat plus difficile et éveillera une forme d’interrogation chez le recruteur. Le CV n’est devenu qu’un composant de l’identité numérique professionnelle.

Je propose donc ici de replacer le CV « classique » (Word ou PDF, traditionnellement envoyé par email) dans le contexte et proposer une classification des différents composants qui constituent l’identité numérique professionnelle et de constater qu’il occupe à lui seul un domaine!

NB: Une liste des liens vers les sites cités dans le schéma est disponible à la fin de l’article. 

La candidature est un acte de confiance

Notre précédent post a généré de nombreuses réactions notamment sur le groupe de discussion Linkedin de l’APEC. On constate que poser sa candidature est un acte hautement émotionnel et surtout de confiance pour lequel le candidat requiert une garantie de confidentialité importante. Son CV est un moyen de communiquer des informations qu’il considère « sensibles » ou importantes.

C’est pour cette raison que le recruteur, aujourd’hui, doit composer avec le maintient du CV dans l’établissement d’une première relation de confiance avec le candidat tout en le complétant avec les autres informations disponibles grâce à l’identité numérique. En somme il faut allier le meilleur des deux mondes: Le CV historique toujours plébiscité et les données en provenance du web.

Pour le candidat, il s’agit de s’assurer de la cohérence du CV classique avec sa présence internet. Il vaut mieux dicter ce phénomène que de le subir.

Pour recruteurs et candidats, l’avènement des nouvelles technologies a multiplié les canaux de promotion, de détection et de validation. Le CV « classique » reste un acteur majeur du recrutement. Paradoxalement il n’interviendra qu’au début ou à la fin du processus. Soit il pourra être déclencheur pour le recruteur de validations complémentaires de la candidature dans l’espace numérique ou au contraire venir conclure la procédure d’approche par un « chasseur ».

Chez Dokker nous sommes convaincus que le recruteur, en 2013 et au delà, devra donc pouvoir traiter les CVs et la présence numérique des candidats dans le cadre d’une approche globale.

Nous fournissons une solution innovante de gestion des candidatures. Venez testez gratuitement et sans engagement la gestion des talents 2.0 !

www.dokker.com, quant à lui,  est un site permettant aux utilisateurs de Linkedin et Viadeo de constituer un portfolio de documents professionnels pour mettre en avant leurs compétences.

Liste des sites mentionnés dans le schéma et que vous ne connaissez peut-être pas:

  • behance.net: Site permettant aux graphistes et designers de se constituer un portfolio de leurs réalisations en ligne
  • Dokker: Site permettant aux utilisateurs de Linkedin et Viadeo de créer un portfolio de leurs documents professionnels
  • slideshare: Permet de publier des présentations en ligne. Acquis par Linkedin en 2012
  • Speakerdeck: Permet de publier des présentations en ligne
  • Pathbrite: Permet aux étudiants de créer un portfolio de tout ce qu’ils ont réalisé dans le cadre de leurs études
  • Quora: Site de questions / réponses. Acquis par Linkedin en 2012
  • Stack Overflow: Site de questions / réponses pour professionnels de l’informatique
  • Klout: Site qui note l’influence des individus sur les réseaux sociaux
  • PeerIndex: Site qui note l’influence des individus sur les réseaux sociaux
  • Smaterer: Tests de compétences en ligne
  • Kskills: Challenge de programmation en ligne
  • Codingame: Challenge de programmation en ligne
  • Qapa: Site de matching candidat / recruteurs

 

 

 

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Publié dans Emploi News Nouvelles Technologies Personal Branding Réseaux sociaux Viadeo

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