Jeunes ingénieurs, pourquoi coder est bon pour vous !

Aujourd’hui, mes amis de Kskills m’ont signalé une excellente discussion sur le site developpez.com intitulée « Coder est-elle une tâche ingrate ?  » .

Ce sujet est passionnant tant d’un point de vue management de carrière que du recrutement. Plutôt que de paraphraser les excellents témoignages fournis dans la discussion de developpez.com, je propose ici de prendre un peu de hauteur et offrir un point de vue sans concession sur le phénomène croissant de ces ingénieurs fraîchement diplômés qui postulent pour des postes de Chef de Projet.

L’endoctrinement des jeunes ingénieurs

Les personnels encadrants de certaines écoles supérieures d’informatiques (souvent fort onéreuses) ont une responsabilité directe dans cet état de fait. Nombre de jeunes ingénieurs ne veulent pas coder/développer. Ils veulent être « chef de projet » ou « consultant » car on leur dit qu’avec leur parcours et en sortant de « cette » école ils doivent exiger telle rémunération et aspirer à un poste à responsabilité.

Ceux qui codent ce sont les jeunes diplômés d’IUT de toute façon non?…

Ce n’est pas une vue de l’esprit, j’ai moi-même passé en entretien de nombreux jeunes ingénieurs qui me faisaient ce retour en direct. Ils postulaient pour des postes de consultants avec – cela était précisé  dans l’annonce – une forte orientation technique. Lorsque je les interrogeais sur des notions basiques de programmation ou de base de données, je me rendais compte qu‘ils ne maîtrisaient pas du tout des notions de base, pourtant essentielles dans leur futur métier.

En creusant le sujet, je me suis rendu compte qu’effectivement certains cursus ne faisaient que survoler la programmation au profit de cours orientés… gestion de projet.

Dont acte.

Un chef de brigade qui ne sait pas cuisiner ?

Gordon Ramsay

Pouvez-vous imaginer dans une cuisine de restaurant un chef de brigade qui n’aurait jamais monté une sauce, fait de la pâte feuilleté, confectionné une julienne de légume, etc?

Ce n’est pas parce que Gordon Ramsay – dans le célèbre programme TV « Hell’s kitchen » – en a débusqué un sacré paquet que nos jeunes ingénieurs doivent prendre cette voie dans l’industrie informatique!

Pourquoi coder est nécessaire pour un jeune ingénieur informatique

Tout d’abord coder, c’est construire. Il n’y a rien de plus gratifiant que de réaliser quelque chose de tangible, qui marche. La programmation fait appel à des notions de logique algorithmique qui serviront tout au long de la carrière. Coder c’est aussi comprendre l’importance de la qualité du livrable.

Etre expert de la programmation, c’est aussi pouvoir devenir une star, un élément indispensable de la société. J’ai travaillé avec des développeurs qui maîtrisaient tellement leur sujet que le DSI ou le patron de la société aurait licencié tout le monde sauf eux.

A l’origine des start-up à succès qui nous font rêver, il y a toujours un grand codeur/développeur !

Et surtout, il y a du travail… bien payé.  Contrairement à ce qu’on pourrait croire les jeunes ingénieurs ne trouvent pas facilement des postes de chef de projet ou d’architecte ou de consultants fonctionnels. Par contre, l’industrie informatique souffre d’une pénurie de développeurs. Aujourd’hui, les sociétés sont en forte demande de développeurs .NET, J2EE, PHP, Python, Ruby on Rails etc…

Enfin, savoir et pouvoir coder, c’est aussi se construire une crédibilité future en tant que chef de projet.

Une histoire de crédibilité 

Un poste d’encadrement comme celui de chef de projet dans l’informatique nécessite de nombreuses compétences. Avoir codé/développé à un moment de sa carrière permettra – entre autre – de :

  • Comprendre et maîtriser les livrables de son équipe
  • Produire des estimations et donc un plan de projet (ou des sprints pour Scrum) réaliste
  • Pouvoir avoir une conversation argumentée avec les experts du client ou du partenaire (un DBA, ou un intégrateur apprécie que le chef de projet du prestataire soit capable de discuter avec eux)
  • Juger les intervenants externes (notamment les freelances ou les prestataires imposés par le client) et faire les bons recrutements (internes ou externes)

Les points ci-dessus s’appliquent aussi au métier de consultant ou d’architecte.

C’est aussi pour cela qu’un bon recruteur devra toujours privilégier une expérience dans le développement pour le compte de sa société ou d’un de ses clients.

Chef de Projet – vraiment un métier de rêve ?

Je finirai cet article pour m’interroger honnêtement sur l’attrait du poste de Chef de Projet Informatique. 75% des projets informatiques n’aboutissent pas. Un jeune ingénieur doit-il être exposé à l’échec si tôt dans une carrière ? Est-on prêt en sortant de l’école à gérer une équipe et un client en général très exigeant ? La perspective des nuits d’insomnie où l’on ne pense qu’au projet en cours est-elle vraiment attrayante?

Jeunes ingénieurs, développez / codez ! Apprendre le métier est une expérience enrichissante et qui sait vous y prendrez peut-être goût ?  

Dokker Recruit une solution innovante de gestion des candidatures. Venez tester gratuitement et sans engagement la gestion des talents 2.0 !

Aidez nous à être finalistes à la compétition de startup innovantes de la conférence #RMSCONF en cliquant ici (il suffit simplement de « liker » notre vidéo !)

Bannière RMS

www.dokker.com, quant à lui,  est un site permettant aux utilisateurs de Linkedin et Viadeo de constituer un portfolio de documents professionnels pour mettre en avant leurs compétences.

 

Articles similaires

Publié dans Emploi News Nouvelles Technologies recrutement Startup
6 commentaires pour “Jeunes ingénieurs, pourquoi coder est bon pour vous !
  1. La dévalorisation du codeur au profit du chef de projet est un trait particulièrement marqué en France. Je dirige une petite société faisant du dev et je le constate tous les jours : mes clients français sont très attentifs à mes titres (diplôme, intitulé de mon poste, taille de ma société) alors que mes clients aux usa sont eux particulièrement focalisés sur mes compétences techniques.

    Pourtant, à une époque où beaucoup de projets sont développés en off-shore (Inde par exemple) il est d’autant plus important d’avoir une excellente maîtrise technique pour anticiper les nombreux problèmes qui vont émerger chez un presta low-cost. Et dans ce domaine, le diable se cache dans les détails : 90% des difficultés, délais et surcoûts proviennent de choses qui semblaient triviales pour un chef de projet avec une faible maîtrise technique.

    Un exemple tout bête, mais souvent piège : les questions de scalabilité. Une plateforme internet qui doit traiter 10k clients par jour n’est pas du tout conçue de la même façon qu’une qui en traite 100k par jour. Il ne suffit pas de « juste ajouter des serveurs », c’est toute l’architecture qui est à revoir.

    Un autre exemple classique : l’intégration. Développer, ce n’est pas un simple assemblage de modules. C’est beaucoup plus comme vouloir greffer une tête de chien sur un corps de mouton : il y a un nombre incalculable de petits nerfs et vaisseaux sanguins incompatibles pour lesquels il va falloir créer des adaptateurs sur mesure. Et si tu ne l’as pas pratiqué, tu ne peux même pas avoir un ordre de grandeur de la quantité de travail.

    Du coup, un chef de projet qui n’a pas passé au moins 4-5 ans à ne faire que du code se retrouve très vite pris au dépourvu par des problèmes très lourds sur des points qui semblaient « simples » à première vue. Comme un chef de brigade qui n’a jamais fait de pâte feuilletée !

  2. dkteam dit :

    Bonjour Florian,

    Merci pour cet excellent commentaire. Je vous rejoins sur tous vos points. Pour être un peu polémique (!), je dirai que votre constat de la dévalorisation du codeur s’inscrit dans une dévalorisation globale des métiers techniques. Depuis 30 ans, le système éducatif français a dévalué par son discours les métiers techniques et manuels au profit de métiers dit « intellectuels ». C’est le cas des plombiers, électriciens, chaudronniers, coiffeurs etc… Le résultat est un nombre de jeunes diplômés incapables de trouver du travail car leur formation est en totale inadéquation avec l’expérience requise pour les postes qu’ils recherchent et des employeurs qui se plaignent de la pénurie de compétence.

    A bientôt

    Frédéric

  3. Clairement en France on a toujours pas compris que le technique n’était pas forcément rabaissant et que malgrès ce que peuvent penser les SSII/Ecoles un développeur Senior ce n’est pas qu’un développeur qui coutent plus cher mais aussi que quoi qu’ils peuvent penser il sera bien plus qualitatif et sera justifier son salaire. Mais on sait très bien comment fonctionne les grosses SSII française avec leurs politiques de Turn Over important.

    Mais après j’ai l’impression que de plus en plus de voix en France s’élèvent contre cette mentalité. Mais la réalité est là en France on manque clairement de développeur expérimenté et c’est bien dommage.

  4. zougi dit :

    Bon article, conclusion subjective:

    « Un jeune ingénieur doit-il être exposé à l’échec si tôt dans une carrière ? »
    => un américain, ou tout adhérent aux philosophie de Darwin te demanderait où est le mal? question rhétorique: on apprend de ses échecs. Cette pensée va plus loin: comment être bon, comment anticiper l’échec, quand on en a essuyé aucun. Je ne demande pas de débat là dessus, je notifie juste que l’échec est bien vu par certain et le manque d’échec peut faire peur à ces même personnes. Pour aller plus loin je vous propose de lire: « Un paléoanthropologue dans l’entreprise » de Pascal Picq

    « Est-on prêt en sortant de l’école à gérer une équipe et un client en général très exigeant ? »
    => Je dirais que généralement non, mais c’est à prendre au cas par cas: certain ont été confrontés à ces cas en stages, projet de fin d’étude en groupe, via la ‘junior entreprise’ de leur école ou entreprenariat ou encore création d’entreprise pendant leurs études.

    « La perspective des nuits d’insomnie où l’on ne pense qu’au projet en cours est-elle vraiment attrayante? »
    => Est-ce attrayant? pas à mon goût, mais que ce soit dev, consultant ou chef de projet, quand la deadline approche, il fait plus d’heures. Ceci est vrai dans toutes boite d’info, spécialement en startup.

    • dkteam dit :

      Zougi,

      Merci pour ce retour. La nuance est bienvenue. Sur votre deuxième point, je ne pense pas que ce soit suffisant. Toute expérience est bonne à prendre mais la gestion de projet ou le consulting demande quand même une expérience « métier » que l’on a pas (encore) en sortant de l’école avec stage ou expérience.

      Sur votre troisième point, je suis d’accord que l’implication est souvent totale chez les jeunes diplômés ce que les recruteurs ont tendance à oublier au passage….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>